Mohamed Falahi Digital Product Manager

J'ai passé dix ans à comprendre pourquoi les produits échouent avant la première ligne de code.

Mohamed Falahi, Digital Product Manager à Casablanca. Trois postes d'observation — agence, entreprise, indépendance — et une conviction qui n'a pas bougé : la valeur d'un produit se joue au moment de la décision, pas au moment de la livraison.

10 ans en produit digital 3 contextes : agence, groupe, indépendance 4 marchés Français · Anglais · Arabe

Le parcours

Comment j'en suis arrivé là

J'ai commencé du mauvais côté du problème

Rabat, 2014, agence de communication. Je dessinais des interfaces que d'autres intégraient, et je découvrais trois mois plus tard que la moitié de mes intentions avaient disparu en route. J'ai appris à coder — non pas pour devenir développeur, mais pour cesser de perdre en traduction ce qui comptait. Cette compétence ne m'a jamais quitté ; elle a simplement changé de fonction. Aujourd'hui elle ne me sert plus à produire, elle me sert à estimer, à contester une estimation, et à savoir quand « c'est compliqué » signifie « c'est cher » ou « je n'ai pas envie ».

Puis j'ai découvert que l'exécution n'est jamais le problème

2017, Digital Product Manager d'une plateforme e-commerce à 1,2 million de visites mensuelles. Six personnes, une roadmap trimestrielle, un comité de direction à convaincre tous les mois. J'y ai vu des ingénieurs excellents construire parfaitement des fonctionnalités dont personne n'avait besoin — parce que personne, en amont, n'avait écrit ce qu'on cherchait à obtenir. C'est là que j'ai appris les trois choses qui font ce métier : écrire un objectif avant une spécification, dire non à un directeur sans se faire d'ennemi, et regarder les chiffres avant les avis, y compris le mien.

Ensuite j'ai répété la même phase, quarante fois

Depuis 2020, en indépendant, je suis intervenu sur une quarantaine de produits : SaaS B2B, e-commerce, plateformes de réservation, applications grand public. À chaque fois le même moment, celui de la décision — comprendre le marché, écouter les utilisateurs, arbitrer ce qu'on construit et surtout ce qu'on ne construit pas. Six ans de conditions différentes m'ont donné quelque chose qu'un poste unique ne donne pas : un échantillon. Je reconnais vite un problème d'offre déguisé en problème de produit, un besoin exprimé qui n'est pas le besoin réel, une métrique qui monte pendant que l'entreprise perd de l'argent.

Un mandat d'indépendant s'arrête au moment précis où le produit commence à vivre. Je veux la suite.

Ce qui me manque aujourd'hui : la durée

Je livre une décision, je la mesure sur quatre-vingt-dix jours, et je pars avant de savoir si elle tenait à douze mois. Je veux la suite : une équipe stable, une roadmap que je porte sur plusieurs trimestres, des utilisateurs que je réinterroge un an plus tard, et le droit de corriger mes propres erreurs au lieu de les laisser à quelqu'un d'autre. C'est pour cela que je cherche un CDI, et pas pour autre chose.

Expérience

Trois postes d'observation

Agence, entreprise, indépendance. C'est la raison pour laquelle je parle aussi bien aux développeurs qu'aux directions générales.

2020 — aujourd'hui

Product Manager indépendant

Conseil produit — Casablanca, Maroc · France · Belgique · Canada

Une quarantaine de produits accompagnés sur la phase de décision : cadrage du problème, recherche utilisateur, analyse concurrentielle, arbitrage du périmètre, définition des métriques, puis relevé à quatre-vingt-dix jours. Interventions en SaaS B2B, e-commerce, plateformes de réservation et applications grand public. Travail systématiquement en équipe mixte avec les designers et les développeurs internes.

Ce que j'y ai construit. Une méthode de cadrage reproductible, et un échantillon de quarante marchés qui me permet de reconnaître vite un faux problème produit.

Études de cas : Kaya Finance, Nour Cosmétiques, Atlas Logistique ↗

SaaS B2B E-commerce Plateformes de services 4 marchés

2017 — 2020

Digital Product Manager

Groupe de distribution en ligne, 400 salariés — Casablanca

Responsable du domaine « achat » de la plateforme marchande (1,2 M de visites mensuelles) et de l'application mobile iOS/Android. Équipe produit de six personnes : 3 développeurs, 1 designer, 1 analyste, 1 QA. Interlocuteurs directs : direction commerciale, logistique, service client, CTO.

Décisions structurantes. Refonte complète du tunnel d'achat après analyse des abandons ; arbitrage de suppression de trois fonctionnalités du panier au profit d'une seule ; création du design system interne pour réduire le délai de livraison d'un écran ; mise en place d'une roadmap trimestrielle arbitrée à partir de critères écrits — impact estimé, effort, coût du retard — plutôt qu'à partir des demandes des directions métier.

Équipe de 6 1,2 M visites/mois iOS · Android · Web Roadmap trimestrielle Design system interne

2014 — 2017

Web Designer, puis chef de projet digital

Agence de communication — Rabat

Conception et pilotage d'une quarantaine de projets pour des marques nationales des secteurs banque, distribution et tourisme. Passage progressif de l'exécution graphique au cadrage : recueil du besoin, arbitrage du périmètre, coordination des développeurs et validation.

Ce que j'y ai appris. Qu'une intention de conception qui n'est pas écrite ne survit pas au passage en développement — et que la traduction entre métiers est un travail à part entière.

Formation continue

Certifications

2014 — aujourd'hui

Google UX Design Professional, Google Analytics 4, Nielsen Norman Group (UX Conference, 2022), accessibilité WCAG 2.2, Core Web Vitals.

Ce que j'apporte

Ce que je fais entrer dans une équipe

Je commence par la question inconfortable

« Comment saurons-nous que ça a marché ? » Si personne ne sait répondre, la fonctionnalité n'est pas prête, et je le dis avant qu'elle entre en sprint. Cette conversation économise plus de jours-homme que n'importe quelle optimisation ultérieure.

Je traduis dans les deux sens

Une contrainte technique en arbitrage business, une ambition de direction en critère d'acceptation. C'est la raison pour laquelle mes réunions de cadrage sont courtes : personne n'a besoin d'un interprète.

Je protège l'équipe du bruit

Une roadmap sert autant à refuser qu'à promettre. Mon travail consiste à absorber les demandes latérales, à les arbitrer avec un critère écrit, et à rendre visible le coût de chaque « juste un petit ajout ».

J'assume la métrique, pas la fonctionnalité

Ce que je porte devant un comité, ce n'est pas ce qu'on a livré, c'est ce qui a bougé — y compris quand rien n'a bougé.

Compétences

Ce que je fais, ce que je fais faire

Un PM qui prétend tout maîtriser est un PM qui n'a jamais eu d'équipe. Voici la répartition réelle.

Ce dont je réponds

Mon terrain. Je ne délègue pas ces sujets, je les arbitre.

  • Cadrage de problème et critère de réussite
  • Recherche utilisateur : entretiens, tests, verbatim
  • Analyse de marché et de concurrence
  • Priorisation — impact, effort, coût du retard
  • Roadmap, incréments, critères d'acceptation
  • Métriques : activation, rétention, conversion, time-to-value
  • Discours produit devant une direction

Ce que je conçois avec les autres

Je contribue, je challenge, je ne remplace personne.

  • Design d'interface — avec un designer, jamais à sa place
  • Design system — j'en connais l'économie, j'en défends le financement
  • Architecture technique — je comprends les contraintes, je discute les estimations
  • Écriture d'interface — je relis, je réécris, je teste les libellés
  • Analytics — je définis les événements, je lis les tableaux de bord
  • SEO — ce qui se décide en amont d'une refonte

Ce que je ne fais pas

Et ce qu'il vaut mieux savoir avant de me recruter.

  • Je ne suis pas designer — je reconnais un bon écran, je ne le produis pas au niveau attendu
  • Je ne suis pas ingénieur — je code du front-end, ce qui me sert à estimer, pas à livrer
  • Pas de data science — je lis un tunnel et une cohorte ; au-delà, je travaille avec un analyste
  • Jamais géré un portefeuille de plusieurs équipes — mon encadrement s'arrête à six personnes
  • Jamais travaillé sur un produit à très forte contrainte réglementaire

Convictions

Ce que je refuse

Cinq positions qui ne se négocient pas. Elles m'ont coûté des missions ; elles m'ont surtout évité des échecs.

  • Les sujets sans critère de réussite écrit. On ne peut pas réussir ce qu'on n'a pas défini, et on ne peut pas arrêter ce qu'on n'a pas mesuré.
  • Les motifs sombres. Faux comptes à rebours, désabonnement caché, cases précochées. Ils font monter une métrique trimestrielle et coûtent la confiance pendant des années.
  • Les roadmaps qui ne sont qu'une liste de demandes. Une roadmap qui n'a jamais dit non n'est pas une roadmap, c'est un carnet de commandes.
  • Les délais qui obligent à sauter la phase de compréhension. Ce n'est pas de la vitesse, c'est de la dette — et elle se rembourse en refonte.
  • Décider seul ce qui doit être décidé avec l'équipe. Un PM qui apporte la solution toute faite obtient de l'exécution, jamais de l'engagement.

En dehors du travail

Je collectionne les mauvais formulaires, je photographie la typographie des enseignes de quartier, et j'anime deux fois par an un atelier d'introduction à l'UX pour de jeunes entrepreneurs à Casablanca. Ce site est conçu, écrit et codé par moi — c'est une façon comme une autre de garder la main sur les contraintes que j'impose aux autres.

Prochaine étape

Si vous cherchez quelqu'un qui décide avant de dessiner, parlons-en.

Disponible sous un mois, en CDI, à Casablanca, Paris ou en remote. Je réponds sous 24 heures — y compris pour dire que ce n'est pas le bon contexte.